Pulsations.

À propos

« Von Herzen – Möge es wieder zu Herzen gehen! »

Venue du cœur, puisse-t-elle retourner au cœur ! — Ludwig van Beethoven, inscription sur le manuscrit autographe de la Missa solemnis

« La symphonie doit être comme le monde. Elle doit tout embrasser. »

Gustav Mahler à Jean Sibelius, Helsinki, 1907, propos rapporté par Sibelius


Il y avait Beethoven qui disait que la musique devait parler du cœur au cœur. Et je suis persuadé que chaque pulsation de musique classique s’adresse à ce qu’il y a de plus beau dans l’être humain. Et puis il y a les lieux, des opéras, des salles de concert de prestige, des œuvres d’art. Et il y a les artistes, les metteurs en scène. La musique classique, c’est la beauté, le langage universel, la manière de parler aussi bien à l’esprit qu’au cœur, et de réaliser ce fantasme de la synthèse de l’absolu.

Ceux qui ont assisté aux concerts du regretté, de l’inoubliable Claudio Abbado à Lucerne, ces moments de résurrection, ces moments de retour à la vie, savent de quoi je parle. Ces concerts étaient évidemment pleins de vie, mais ils étaient aussi traversés par l’ombre de la conscience de la finitude et de la fragilité de la condition humaine. C’est cela qui crée la pulsation, l’émotion musicale, l’émotion artistique, l’idée d’un universel conscient de sa grandeur fragile. Et c’est précisément le souvenir de la Troisième Symphonie de Gustav Mahler qui m’habite depuis 2007 et qui me donne envie de transmettre cette passion pour les concerts, les disques, les interprètes et les lieux d’exception.


P. R.